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Journée mondiale de l’HPP: Faisons confiance aux sages-femmes qui font une différence

Le 5 octobre, la communauté mondiale de la santé maternelle souligne la Journée mondiale de l’hémorragie du post-partum (HPP) afin d’attirer l’attention sur une urgence obstétricale qui demeure extrêmement fréquente — et qui peut souvent être évitée. 

Créée en 2025 dans la foulée de la Feuille de route pour lutter contre l’hémorragie du post-partum 2023–2030 de l’OMS, la Journée mondiale de l’HPP rassemble notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), l’UNFPA et la FIGO autour d’un objectif commun : zéro décès évitable attribuable à l’HPP. 

Photo courtesy of UNFPA Malawi

L’ampleur du problème demeure considérable. De nouvelles recherches publiées dans The Lancet estiment que 27 millions de femmes vivent une HPP chaque année et qu’environ 43 000 en meurent — soit environ un décès toutes les 12 minutes. 

courtesy of International Confederation of Midwives

Dans le cadre de TRUST, une initiative dirigée par l’Association canadienne des sages-femmes et financée par Affaires mondiales Canada, l’Association of Gynecologists and Obstetricians of South Sudan (AGOSS) organise des formations sur l’HPP ainsi que des campagnes de don de sang à Bor, Torit et Juba. Au Canada, des organisations comme la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) travaillent également à renforcer la prévention, la détection et la prise en charge de l’HPP grâce à des lignes directrices fondées sur les données probantes. Les contextes sont très différents, mais le principe est le même : les professionnels de la santé doivent disposer des connaissances, des systèmes et des ressources nécessaires pour reconnaître rapidement une hémorragie et intervenir sans délai. 

 Le Soudan du Sud compte parmi les pays où la mortalité maternelle est la plus élevée au monde, et l’hémorragie du post-partum — une perte de sang importante après l’accouchement — y demeure une cause majeure de décès maternel. Le Canada n’est pas à l’abri non plus. Des données récentes de l’Ontario montrent que les hémorragies liées à la grossesse étaient la principale cause de décès liés à la grossesse dans les 42 jours suivant l’accouchement entre 2002 et 2022. 

Courtesy UNFPA South Sudan. Bor, South Sudan – Akual Alier Manyang, 25 years old from Bor with her newborn Maler Alier at Bor Hospital.

La bonne nouvelle, c’est que nous savons de mieux en mieux ce qui fonctionne. Les recommandations actuelles de l’OMS, de la FIGO et de l’ICM insistent sur une détection plus précoce et une intervention rapide et coordonnée, plutôt que d’attendre que la perte de sang devienne catastrophique. Les lignes directrices canadiennes vont dans le même sens. La SOGC recommande notamment de mesurer quantitativement les pertes sanguines plutôt que de les estimer visuellement, d’évaluer régulièrement le risque d’HPP et d’intensifier rapidement les soins lorsque le saignement n’est pas maîtrisé. 

Mais les lignes directrices ne sauvent des vies que lorsque les professionnels de la santé disposent de la formation, des médicaments, de l’équipement, des systèmes d’orientation et du sang dont ils ont besoin. L’HPP est donc aussi une question de droits. Toute personne qui accouche a droit à des soins sécuritaires, respectueux et fondés sur les données probantes, ainsi qu’à un traitement d’urgence rapide lorsque des complications surviennent. 

photo credit: abelandresortiz

Et la formation sauve des vies. Une sage-femme de Bor a résumé ainsi l’impact d’une formation en soins obstétricaux d’urgence : « Cela a changé ma façon de réagir aux urgences… chaque minute compte. » 

Les Canadiennes et Canadiens peuvent eux aussi contribuer. Une transfusion sanguine peut sauver une vie en cas d’HPP grave. Il est possible de donner du sang auprès de la Société canadienne du sang ou, au Québec, auprès d’Héma-Québec. 

https://jedonne.hema-quebec.qc.ca

https://www.blood.ca/en/blood/donor-centre-hours-locations

En cette Journée mondiale de l’HPP, faisons confiance aux données probantes, donnons aux professionnels de la santé les moyens d’agir et soutenons les sages-femmes, qui sont au cœur de systèmes de santé plus solides.