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L’Association canadienne des sages-femmes (ACSF) et le National Council of Indigenous Midwives (NCIM), en partenariat avec l’Université McMaster, collaborent dans le cadre d’un projet visant à renforcer la capacité des sages-femmes à reconnaître la violence familiale et à y répondre de manière sécuritaire. Un cours de premier cycle, des ateliers de perfectionnement professionnel, des cercles de discussions ainsi que des ressources pratiques ont été mis sur pied au cours des trois dernières années afin d’appuyer cet objectif. Ce projet visant à répondre à la violence fondée sur le genre dans le contexte des soins de santé est financé par l’Agence de la santé publique du Canada. 

Nous vous invitons à consulter cette page pour en apprendre davantage sur l’intervention en cas de violence familiale et pour lire, visionner et télécharger des ressources qui vous aideront à soutenir les membres de votre clientèle qui subissent de la violence.

Les sages femmes reconnaissent et répondent à la violence familiale – la série vidéo

Il n’est pas facile de parler de la violence familiale ; il n’est pas toujours facile non plus de la reconnaître ou de savoir comment y faire face. Dans cette série de vidéos, des sages-femmes de l’Ontario et de la Colombie-Britannique répondent aux questions fréquemment posées sur la façon d’aborder la violence familiale. Regardez la série pour en savoir plus sur les sujets suivants :

  • Qu’est-ce que la violence familiale?
  • Comment soutenir sa clientèle confrontée à la violence familiale le mieux possible
  • Comment pratiquer des soins tenant compte des traumatismes
  • Comment valoriser les savoirs autochtones
  • Comment soutenir les communautés qui n’ont pas un accès équitable aux soins
  • Faut-il ou signaler une situation aux autorités?
  • Comment aider sa clientèle et pratiquer l’autosoin en même temps

Travaillons ensemble pour soutenir les familles.

Trousse de ressources

La trousse de ressources Les sages femmes reconnaissent et répondent à la violence familiale contient des fiches de conseils, des outils, des fiches d’information et des mises en situation pour vous aider dans votre apprentissage et la pratique de soins tenant compte des traumatismes. Ces guides succincts peuvent servir indépendamment l’un de l’autre ou en complément d’autres ressources associées dans la trousse.

Roman graphique

Quelque chose ne va pas – Un roman graphique sur la grossesse et la violence par partenaire intime

Je m’appelle Shayla. Je suis une sage-femme. Lorsqu’une personne devient enceinte et qu’elle choisit de mettre un être au monde, elle doit être assez forte et résiliente pour elle-même et pour son enfant. Mon travail, c’est de soutenir ces personnes et de les aider à bâtir cette force et cette résilience. La grossesse amplifie la vie. Face à cette nouvelle réalité, toutes nos émotions augmentent en intensité. L’amour peut croître. La violence aussi. Mais la violence n’est pas toujours perçue par la famille et les amis ou sur les médias sociaux… 

Ateliers et discussion

Intervention face à la violence familiale en pratique clinique

Ce cours de premier cycle, développé en partenariat avec le programme de formation en pratique sage-femme de l’Université McMaster, vise à guider et à former les étudiant·e·s quant à la manière de répondre aux besoins des personnes touchées par la violence familiale. Son contenu est axé sur la discussion et conçu pour les étudiant·e·s de premier cycle en pratique sage-femme et dans d’autres professions de la santé. Des mises en situation et des activités stimulent la réflexion et servent de point de départ à l’apprentissage. La richesse des ateliers de premier cycle réside dans les discussions en petits groupes. Les conversations entre pairs aident les étudiant·e·s à comprendre leur rôle et celui des autres dans la prestation de soins aux personnes qui vivent des traumatismes et de la violence familiale en période périnatale.

Parmi les sujets traités :

  • Les inégalités en matière de soins de santé
  • Les soins tenant compte des traumatismes
  • L’intervention face aux traumatismes
  • Les services de protection de l’enfance
  • La gestion de son propre bien-être en tant que prestataire de soins
  • Le rôle de la profession dans la défense des intérêts

Dans leurs commentaires, les étudiant·e·s ont parlé de l’importance des cours et des activités qui les aident à développer leurs compétences à travailler auprès des populations vulnérables et des personnes qui vivent de la violence. Les participant·e·s ont aimé les mises en situation pratiques et la façon dont elles mettaient en lumière les multiples facteurs qui influencent toute situation, ainsi que les différentes perspectives et contributions apportées par les professeur·e·s.

Le cours a été donné par des sages-femmes en exercice et des membres du corps professoral, et incluait des présentations de plusieurs personnes invitées. Dans la vidéo suivante, la sage-femme autochtone Lisa Bishop parle du travail de défense des client·e·s qui subissent de la violence par partenaire intime. La vidéo est un exemple du genre de contenu sur l’intervention face à la violence familiale offert par le programme de formation en pratique sage-femme de l’Université McMaster.

Ateliers de perfectionnement professionnel

L’ACSF et le NCIM ont tous deux développé une série de quatre ateliers de perfectionnement professionnel visant à reconnaître la violence familiale et y répondre de manière sécuritaire. Chaque série d’ateliers vise à guider et à former les sages-femmes quant à la manière de répondre aux besoins des personnes touchées par la violence familiale. En adoptant une perspective de justice sociale, les ateliers et les cercles de discussion reconnaissent les causes profondes de la violence dans les dynamiques de pouvoir, l’oppression et la violence structurelle.

Les ateliers de l’ACSF ont été donnés en ligne à deux reprises, et en présentiel, à Toronto et à Vancouver. Suite à leur participation aux ateliers, certaines sages-femmes ont dit qu’elles intégreraient les principes de l’égalité en santé dans leur pratique clinique et qu’elles s’efforceraient d’entrer en contact avec davantage d’organismes dans leur localité. D’autres ont dit qu’elles feraient de leur mieux pour aider les gens sans faire appel aux systèmes de soins de santé et de services sociaux qui risquent d’entraîner des préjudices. D’autres encore ont dit qu’elles allaient désormais faire comme si toutes les personnes qu’elles suivaient avaient déjà fait l’expérience de situations violentes. En adoptant ce changement de perspective, leur objectif est d’offrir des soins dans un environnement sécuritaire où le lien de confiance peut s’établir au fil du temps et où les personnes clientes auront le sentiment de pouvoir parler en toute sécurité lorsqu’elles s’en sentiront prêtes. Enfin, certaines sages-femmes ont dit avoir aimé les ressources et les conseils pratiques offerts.

Les ateliers de l’ACSF portent sur les sujets suivants :

  • Les soins tenant compte des traumatismes et l’égalité dans les soins de santé
  • Reconnaître la violence conjugale et savoir intervenir
  • Défense des droits et sécurité dans la pratique
  • Reconnaître la maltraitance à l’égard des enfants et le racisme chez les prestataires de soins de santé

Les cercles de discussion dirigés par le NCIM ont eu lieu à trois reprises au cours des deux dernières années. Grâce aux cercles de discussions, les sages-femmes ont appris que le rapport avec les personnes qui vivent de la violence est une voie de guérison et que la création de liens est la clé de la transformation et du changement. D’autres ont dit avoir appris sur l’importance d’établir des limites claires pour les clientes et de ne pas leur mettre la pression par rapport à des résultats escomptés. Les sages-femmes ont aimé avoir l’occasion d’apprendre collectivement dans un environnement culturellement sécuritaire.

Les sujets abordés par les cercles de discussion du NCIM sont les suivants :

  • Résilience, forces et facteurs de protection des Nations et des communautés autochtones
  • Définir ce que sont les soins culturellement sécuritaires tenant compte des traumatismes et en accroître la portée
  • Répondre à la violence par partenaire intime à l’aide de stratégies qui sont fondées sur la pratique et qui tiennent compte des réalités des communautés autochtones et des lieux où elles se trouvent
  • Renforcer les cercles d’amour et de soin ancestraux et intergénérationnels

Les ateliers de perfectionnement professionnel et les cercles de discussion sont animés par des sages-femmes en exercice et des personnes invitées. Dans la vidéo suivante, Rebecca Plett parle d’égalité dans les soins de santé, de pouvoir et de privilèges. Elle est professeure au Département d’anthropologie de l’Université McMaster et l’une des conceptrices des ateliers de perfectionnement professionnel de l’ACSF. La vidéo fait partie de la série d’ateliers offerts par l’ACSF.

Avoiding Harm: Pregnancy, Family Violence and Trauma-Informed Care (en anglais seulement)

Visionnez cet enregistrement de la conférence Reconnaître 2022. Ce panel vise à briser les tabous entourant la grossesse et la violence familiale. Des sages-femmes et des spécialistes de la violence par partenaire intime parlent des meilleures pratiques en matière de soins tenant compte des traumatismes, y compris les approches d’initiatives autochtones, les soins sensibles à la culture et l’engagement communautaire. Les panélistes étaient Esther Enyolu, Jacqueline Benn John, Stephanie George et Bounmy Inthavong, avec Elvira Truglia à l’animation.

Rapport du sondage d’évaluation des connaissances

Le rapport de l’ACSF et NCIM démontre que la plupart des sages-femmes et des étudiant.e.s sages-femmes qui ont répondu au sondage d’évaluation des connaissances sur la violence familiale travaillent avec des personnes vulnérables à la violence familiale. Cependant, elles sont plus susceptibles de travailler avec des personnes vulnérables à la violence conjugale qu’à la maltraitance des enfants.

Dans le rapport, lisez ce qui suit :

  • Comment les sages-femmes en exercice décrivent leur rôle dans l’atténuation de la violence familiale
  • Pratiques exemplaires et défis pour reconnaître et répondre à la violence familiale
  • Obstacles systémiques à la lutte contre la violence familiale
  • Lacunes dans les connaissances, les compétences et les ressources

Le programme éducatif, les ateliers de développement professionnel, ainsi que les ressources clinique de ce projet ont été élaborés pour répondre aux lacunes et aux besoins abordés dans le sondage d’évaluation des connaissances sur la violence familiale.

« En tant que sages-femmes, nous jouons un rôle crucial dans le soutien et la protection des familles (à savoir nos clientes et leurs enfants). Notre profession nous donne un incroyable privilège. Grâce à des rendez-vous plus longs, à l’accent mis sur les déterminants sociaux de la santé physique et mentale, et à nos visites à domicile, nous sommes en position privilégiée pour constater les dynamiques familiales et le bien-être en ces temps incertains. Nous devons utiliser ce privilège pour assurer leur sécurité et protéger leur bien-être au mieux de nos capacités; nous le leur devons.«

Ressources externes

VEGA Ressources éducatives sur la violence familiale

Le projet VEGA (Violence, Éléments factuels, Guidance, Action) de l’Université McMaster a mené à la création de ressources éducatives et de lignes directrices pancanadiennes fondées sur des données probantes afin d’aider les professionnels de la santé et des services sociaux (y compris les étudiants) à reconnaître la violence familiale (maltraitance des enfants et violence conjugale) et à répondre en toute sécurité. VEGA a développé ces ressources grâce au financement de l’Agence de la santé publique du Canada (2015-2020) en collaboration avec 22 organisations nationales, dont l’Association canadienne des sages-femmes et le National Council of Indigenous Midwives. Les ressources sont composées de modules d’apprentissage (par exemple, parcours de soins, scripts, vidéos explicatives), de scénarios éducatifs interactifs et d’un manuel.

L’inscription est disponible gratuitement à vegaproject.mcmaster.ca/fr-ca/. Si vous avez des questions et/ou des commentaires sur les ressources de VEGA, veuillez contacter la responsable du projet VEGA, Dr Harriet MacMillan, McMaster University à vega@mcmaster.ca.

FAQ

Qu’est-ce que la violence familiale?

La violence par partenaire intime dépasse les frontières raciales, sociales, culturelles, économiques, politiques et religieuses. Derrière l’abus se cache le désir d’exercer un pouvoir et un contrôle sur une personne. Il existe plusieurs formes de violence : physique, émotionnelle, verbale, psychologique, sexuelle et économique. Certains signes révélateurs à surveiller sont les menaces, l’intimidation, la manipulation, le harcèlement, le contrôle des finances, l’utilisation des enfants et l’isolement. Les enfants sont souvent témoins de la violence, ce qui a des répercussions néfastes directes ou indirectes sur leur santé mentale et leur bien-être physique. L’exposition des enfants à la violence par partenaire intime est une forme de maltraitance à leur égard. Tout cela constitue de la violence familiale.

Comment offrir des soins qui tiennent compte des traumatismes à ma clientèle?

Selon l’auteur et médecin Gabor Maté, « le traumatisme, ce n’est pas ce qui nous est arrivé, mais ce qui s’est passé en nous » [trad.]. En effet, les traumatismes peuvent modifier la façon dont une personne perçoit et vit le monde. 

Les pratiques tenant compte des traumatismes reconnaissent que les traumatismes sont omniprésents dans la société. Les praticien·ne·s adaptent leurs approches pour mieux tenir compte des traumatismes et évitent les pratiques qui peuvent les reproduire.

Dans la pratique sage-femme, les soins tenant compte des traumatismes doivent être pratiqués à toutes les étapes de la relation entre client·e et sage-femme : au début du suivi, pendant la grossesse, à l’accouchement et pendant la période postpartum. À chaque étape, il faut toujours s’efforcer de rejoindre les personnes là où elles en sont, de les laisser prendre les devants et de ne pas les pousser à faire quoi que ce soit hors de leur zone de confort. 

Peu importe le stade de la grossesse, pour offrir des soins tenant compte des traumatismes, il faut :

  • Apprendre à connaître la personne cliente et sa communauté/famille
  • Comprendre l’impact des enjeux culturels, historiques et de genre
  • Examiner ses propres idées préconçues
  • Collaborer avec la personne cliente
  • Faire preuve de transparence et assurer la confidentialité
  • Offrir des choix éclairés
  • Ne pas porter de jugements
  • Créer un espace (plus) sécuritaire
Je sais qu’il est important de mettre de l’avant les connaissances autochtones. Comment puis-je le faire de manière significative?

La vérité et la réconciliation visent à reconnaître les préjudices causés par l’histoire coloniale du Canada et à établir des relations respectueuses avec les peuples autochtones. Le legs douloureux des pensionnats, des stérilisations forcées, des filles et des femmes autochtones disparues et assassinées et de la destruction des territoires autochtones continue de laisser sa marque. Il est important de comprendre comment le retrait massif des enfants de leur famille et leur prise en charge par le système de protection de l’enfance ont causé des torts indescriptibles. L’une des conséquences est la perpétuation des traumatismes intergénérationnels. Dans leurs efforts pour soutenir des client·e·s qui subissent peut-être de la violence, les sages-femmes doivent faire très attention de ne pas les traumatiser à nouveau. Pratiquez l’écoute active, offrez du soutien et adaptez-vous à la personne. Appuyer le rétablissement de la pratique sage-femme autochtone et des naissances dans les communautés des Premières Nations, métisses et inuites est une autre façon de collaborer à la réparation des préjudices causés par le colonialisme.

Comment m’assurer que mes actions ne créent pas d’autres préjudices envers les communautés confrontées à des obstacles à l’égalité en matière de soins de santé?

Faites vos devoirs. Renseignez-vous sur les communautés avec lesquelles vous travaillez et sur les ressources offertes dans votre collectivité. Si vous sentez que vous manquez de connaissances, parlez-en à des collègues ou à d’autres professionnel·le·s de la santé ou des services sociaux.

Je ne suis pas expert·e en matière de violence. Comment puis-je aider au mieux ma clientèle?

Vous n’avez pas à être expert·e en matière de violence familière, mais vous devez connaître les signes, les symptômes, les facteurs de risque ainsi que les protocoles de suivi pour assurer votre propre sécurité et celle de votre clientèle.  

  • Avez-vous étudié les signes et les symptômes de la violence familiale et la manière de poser des questions sur le sujet et d’évaluer les risques immédiats?
  • Respectez-vous les directives concernant la consignation des informations?
  • Disposez-vous de protocoles de sécurité pour les visites à domicile et en clinique?
  • Avez-vous des outils et ressources sur la création d’un plan de sécurité à l’intention de votre clientèle?

 

Devrais-je faire un signalement?

C’est compliqué. Un·e client·e pourrait vous dévoiler une situation de violence en cours qui ne requiert pas de signalement de votre part, mais qui requiert par contre que vous l’aidiez à recevoir les soins appropriés. Cependant, si vous soupçonnez la maltraitance d’un enfant, vous avez l’obligation de faire un signalement. Informez-vous sur la différence entre la divulgation et le signalement et sur les situations où il peut y avoir des zones grises. Cela fait partie de la prestation de soins tenant compte des traumatismes et peut permettre d’éviter d’autres préjudices.

C’est tellement difficile. Comment puis-je à la fois aider mes client·e·s et prendre soin de moi-même?

C’est un travail difficile. Les sages-femmes repoussent souvent les limites et s’épuisent à la tâche. Elles peuvent également subir une blessure morale lorsqu’elles posent, en contexte clinique, un acte susceptible de nuire par inadvertance à un·e client·e. Prendre soin de soi, c’est bien plus que s’accorder du temps de repos, c’est prendre soin de sa santé physique, mentale et spirituelle. Prenez le temps de définir ce que cela signifie pour vous. 

Nous joindre

Pour plus d’informations sur le projet Les sages femmes reconnaissent et répondent à la violence familiale, veuillez contacter Elvira Truglia, Chef de projet, Application des connaissances (Prevention de la violence basée sur le genre) : etruglia@canadianmidwives.org