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NOUVELLES DE L’ACSF MONDIAL : ÉTÉ 2026  

Entre juin et août 2026, les sages-femmes et les partenaires du programme mondial de l’ACSF ont poursuivi leurs efforts pour renforcer le leadership, la formation et l’accès à des soins respectueux en Tanzanie, en Somalie, au Soudan du Sud, au Malawi et au Venezuela. Cette période a été marquée par de nouvelles initiatives de formation et de plaidoyer, le renforcement des associations professionnelles et des avancées importantes en faveur de la pratique sage-femme autochtone. 

Malgré des contextes très différents, un message demeure clair : une profession sage-femme dynamique est au cœur de systèmes de santé plus solides. Investir dans les sages-femmes, c’est renforcer les soins, les institutions et les communautés

Nouvelles ACSF mondial

Congrès confédération internationale des sages-femme 2026

ACSF mondial a organisé un formidable échange entre associations à l’occasion du congrès de l’ICM à Lisbonne, réunissant des représentantes et représentants de TAMA, AMAMI, SLNMA, EMWA, CAM et de la National Midwives Association of Uganda (NMAU).

Cette soirée a été une précieuse occasion de créer des liens, d’apprendre les uns des autres et de partager des expériences. Les échanges ont notamment porté sur la gouvernance, la mobilisation des membres et les stratégies de plaidoyer au sein des différentes associations de sages-femmes.

Pour en savoir plus sur le Congrès 2026 de la Confédération internationale des sages-femmes : Cliquer ici

ATENCIÓN SEGURA RESPETUOSA (Safe and Respectful Care in Venezuela)

Alors que le projet Santé maternelle et néonatale respectueuse dans l’État de Zulia, au Venezuela, dirigé par l’UNFPA et financé par Affaires mondiales Canada, a pris fin en juin 2026, trois années de collaboration ont permis de jeter des bases importantes pour des soins maternels plus respectueux et interculturels. Mis en œuvre par l’ACSF en collaboration avec l’agence du FNUAP au Venezuela et des partenaires locaux, le projet a renforcé les capacités du personnel de santé tout en favorisant la reconnaissance des sages-femmes Wayúu et Yukpa et de leur rôle essentiel en santé maternelle et néonatale. 

Une avancée historique pour la reconnaissance des sages-femmes autochtones 
L’une des réalisations les plus importantes à la clôture du projet a été l’engagement officiel d’intégrer 89 sages-femmes autochtones comme agentes de santé au sein du système public de santé de l’État de Zulia. Cet accord fait suite à un dialogue soutenu entre les sages-femmes, les autorités sanitaires et les partenaires communautaires et représente une avancée sans précédent vers une plus grande reconnaissance de la pratique sage-femme autochtone traditionnelle au Venezuela. 

Créer des outils pour des soins maternels interculturels 
L’Université des sciences de la santé de Zulia, avec l’appui de l’ACSF et du FNUAP, a élaboré un dictionnaire yukpa–espagnol des termes liés à la santé maternelle et aux antécédents médicaux. Avec le dictionnaire en wayuunaiki développé précédemment, il s’agit des premiers outils de ce type au Venezuela. Ils visent à améliorer la communication entre les communautés autochtones et les services de santé. 

Jeter des bases durables pour des soins maternels respectueux 
Au total, 493 personnes ont participé directement au projet, notamment des sages-femmes autochtones, des professionnel·le·s de la santé, des agentes et agents communautaires et des autorités sanitaires. Cinquante-quatre professionnel·le·s de la santé ont été formés comme facilitatrices et facilitateurs pour promouvoir l’approche des soins maternels et néonatals respectueux, tandis que des ressources adaptées aux réalités culturelles et des outils de formation demeurent disponibles pour une utilisation continue dans les établissements de santé et les communautés. 

 

HR4-SRHR (Human Resources for Sexual and Reproductive Health & Rights in South Sudan)

Le Soudan du Sud continue de faire face à de profondes pressions politiques, économiques et humanitaires, mais les sages-femmes, les travailleuses et travailleurs auprès des jeunes ainsi que les partenaires locaux poursuivent leur mission avec détermination. Grâce au projet HR4, financé par Affaires mondiales Canada et dirigé par le FNUAP, l’ACSF et ses partenaires font progresser la santé et les droits sexuels et reproductifs par des activités de communication, de renforcement des capacités, d’appui à la réglementation et de mobilisation des jeunes..

Le 5 septembre 2026, YouthZone 72 a diffusé sa toute dernière émission officielle, marquant la fin d’un chapitre important pour une plateforme qui était devenue bien plus qu’une simple émission de radio hebdomadaire. Créé avec et pour les jeunes du Soudan du Sud, YouthZone 72 est devenu un véritable écosystème médiatique de confiance : une émission de radio hebdomadaire avec appels des auditeurs, des diffusions Facebook Live, des messages d’intérêt public, des dramatiques, des bandes dessinées, des magazines, des questions-réponses destinées aux jeunes, des ateliers et des activités communautaires. À son apogée, l’émission de radio rejoignait en moyenne 900 000 auditeurs par semaine, ainsi que 10 000 personnes en ligne, tandis que ses différents contenus permettaient d’aborder la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR), le consentement, la violence fondée sur le genre, les dépendances, la santé mentale, le VIH, l’inclusion des personnes en situation de handicap, la littératie financière et l’avenir des jeunes. Il s’agissait également de la seule émission en Afrique à offrir une interprétation en langue des signes en direct.

Un immense merci à l’équipe extraordinaire qui a rendu tout cela possible : Gak, Grace, Baria, Kezia, Data, Anwan, Winnie et Donna, pour votre passion, votre travail acharné, votre créativité et votre générosité.

La fin de l’émission ne signifie pas la fin de YouthZone 72. Le prochain chapitre envisage un modèle plus léger, dirigé localement et axé d’abord sur le balado, où chaque conversation pourra être adaptée pour la radio, les médias sociaux, WhatsApp, la vidéo et les activités communautaires. L’objectif est de préserver ce qui a fait la force de Zone 72, tout en bâtissant une plateforme plus durable pour l’avenir.

Restez à l’écoute.

SMILES (Somali Midwives for Improving Lives and Enhancing Sexual and Reproductive Health )

Cet été, le projet Somali Midwives for Improving Lives and Enhancing Sexual and Reproductive Health  (SMILES), financé par Affaires mondiales Canada et dirigé par CARE Canada, a poursuivi ses efforts pour renforcer la formation en pratique sage-femme et les institutions professionnelles au sein des communautés somaliennes. Ce travail s’est déroulé dans un contexte politique et sécuritaire complexe, marqué notamment par de nouvelles tensions entourant le processus électoral en Somalie et par des préoccupations persistantes liées à la stabilité et à la sécurité. Malgré ce contexte, les sages-femmes, le personnel enseignant et les associations ont continué à renforcer les systèmes de formation clinique, d’évaluation des étudiantes, de leadership professionnel et de formation continue. 

Faits saillants 

Renforcer le soutien aux personnes qui enseignent la pratique sage-femme 
Des formatrices en pratique sage-femme ainsi que des instructrices cliniques ont participé à un atelier de quatre jours sur la supervision formative sensible au genre et sur la formation visant à combler les lacunes. Le programme a renforcé leurs compétences en accompagnement, mentorat et rétroaction sur le rendement, tout en aidant les écoles et les associations de sages-femmes à adopter une approche commune pour mieux soutenir le personnel enseignant. Les personnes formées partagent maintenant leurs apprentissages avec leurs collègues en vue des visites de supervision formative qui débuteront en septembre. 

Vers des évaluations étudiantes plus équitables et fondées sur les compétences 
Des formatrices en pratique sage-femme sélectionnées ont suivi une formation de cinq jours, axée sur l’élaboration d’outils d’évaluation normalisés et fondés sur les compétences, notamment des examens écrits et des examens cliniques objectifs structurés (ECOS). 

Renforcer les associations de sages-femmes à long terme 
SMILES appuie trois associations de sages-femmes dans l’élaboration de nouveaux plans stratégiques à partir de consultations menées auprès de leurs membres, notamment des sages-femmes travaillant dans des régions mal desservies. Des sages-femmes canadiennes ont contribué au processus par l’examen des plans stratégiques, la livraison d’une formation sur les objectifs SMART et la mise à disposition de ressources pratiques. La Somali Midwives Association a déjà validé son nouveau plan stratégique quinquennal, qui lui offre une feuille de route plus claire pour l’avenir. 

Élargir l’accès à la formation continue pour les sages-femmes en exercice 
Une nouvelle formation de six modules pour la mise à jour clinique est en cours d’élaboration afin de répondre aux lacunes relevées en matière de formation continue. SOMA, SLNMA et PAM élaboreront chacune deux modules, qui feront ensuite l’objet d’un examen technique par des sages-femmes expérimentées et les partenaires du projet. Cette approche contribuera à garantir une formation pratique, adaptée au contexte local et répondant aux besoins des sages-femmes. 

SMIT (Strengthening Midwifery in Tanzania -Thamini Uzazi Salama)

Cet été, le projet Strengthening Midwifery in Tanzania (SMIT) / Thamini Uzazi Salama, dirigé par l’UNFPA et financé par Affaires mondiales Canada, a poursuivi ses efforts pour renforcer le leadership en pratique sage-femme, la formation clinique et le développement professionnel à travers la Tanzanie. Ces avancées ont eu lieu dans un contexte de fortes tensions politiques postélectorales et de restrictions de l’espace civique à la suite des élections d’octobre 2025. Malgré ce contexte, TAMA a continué à renforcer ses systèmes institutionnels, à élargir les possibilités de formation professionnelle et à collaborer avec le gouvernement et ses partenaires pour soutenir des normes nationales en matière de formation clinique, contribuant ainsi à une profession sage-femme plus résiliente et à des bases plus solides pour des soins maternels et néonatals de qualité. 

Une nouvelle feuille de route stratégique pour TAMA 
TAMA a officiellement lancé son Plan stratégique 2025–2030, qui établit des priorités en matière de leadership sage-femme, de développement professionnel, de plaidoyer, de soins maternels respectueux et de viabilité organisationnelle. Le lancement a réuni environ 400 responsables des soins infirmiers et de la pratique sage-femme, ainsi que des partenaires du secteur de la santé. 

Renforcer les normes nationales en matière de formation clinique 
La Tanzanie a lancé de nouvelles lignes directrices cliniques pour les instructrices et instructeurs et pour l’encadrement des stages cliniques, établissant un cadre national commun pour l’enseignement clinique, le mentorat, la supervision, l’évaluation fondée sur les compétences et les stages des étudiantes et étudiants. Environ 400 responsables des soins infirmiers et de la pratique sage-femme ont participé au lancement et au dialogue technique. 

Créer un réseau national de formatrices et formateurs cliniques 
Vingt instructrices et instructeurs cliniques ont suivi une formation de formateurs, puis 41 sages-femmes supplémentaires ont été formées comme instructrices cliniques et préceptrices. Cette approche en cascade contribue à élargir durablement les capacités d’enseignement clinique et de mentorat dans les établissements de santé et les institutions de formation. 

La formation d’urgence se traduit par l’offre de soins qui sauvent des vies 
Dans la région de Shinyanga, le sage-femme Baraka Julius Bundala a mis à profit les compétences acquises lors d’une formation sur les urgences en pratique sage-femme. Grâce à cette formation, elle a pu prendre en charge un accouchement prématuré inattendu de jumeaux, dont le deuxième bébé se présentait par le siège. Il a également réanimé le nouveau-né au cours de la Minute d’or, avant son transfert vers des soins spécialisés. 

Élargir le réseau professionnel de TAMA 
Les activités visant à renforcer l’adhésion de nouveaux membres se sont poursuivies parallèlement à la livraison de formations et la coordination des événements du projet. De nouvelles sages-femmes ont rejoint TAMA, tandis que les responsables des sections régionales ont amélioré leur utilisation de la base de données des membres de l’Association, contribuant ainsi à élargir la portée, la représentativité et les liens de TAMA avec les sages-femmes à travers la Tanzanie. 

(TRUST) Women’s Voices, Midwifery Leadership for Resilient Health

Le projet TRUST : Women’s Voices, Midwifery Leadership for Resilient Health, dirigé par l’ACSF et financé par Affaires mondiales Canada, a poursuivi ses efforts pour améliorer la santé des femmes, le leadership des sages-femmes et la participation communautaire au Soudan du Sud et au Malawi. Au Soudan du Sud, ce travail s’est déroulé dans un contexte de regain d’insécurité, de déplacements de population et d’incertitude à l’approche des élections prévues en décembre 2026, exerçant une pression supplémentaire sur des systèmes de santé déjà fragiles. Malgré ce contexte, les partenaires de TRUST ont réuni sages-femmes, communautés, médias et responsables de la santé afin d’élargir l’accès à une information fiable en matière de santé et de renforcer les soins maternels et néonatals. 

Highlights 

Faits saillants 

Placer les communautés au cœur des communications en santé 
À Bor, 35 membres de la communauté, sages-femmes, professionnel·le·s de la santé, représentant·e·s de la société civile et productrices et producteurs de programmes de radio se sont réunis pour concevoir des émissions adaptées au contexte local sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. Plutôt que de simplement transmettre des messages aux communautés, cette approche permet aux auditrices et auditeurs de déterminer eux-mêmes les priorités et de contribuer à façonner les émissions de Radio Jonglei et de Voice of Reconciliation. 

Briser le silence autour de la santé des femmes 
Un deuxième atelier participatif à Torit a réuni des intervenant·e·s des secteurs de la santé, du genre et des médias afin de s’attaquer aux mythes, à la désinformation et aux barrières culturelles entourant la santé sexuelle et reproductive. Les participantes et participants ont travaillé à l’élaboration d’une terminologie et de contenus culturellement adaptés en anglais, en arabe de Juba et dans des langues locales, tout en renforçant la participation des femmes aux communications en santé. 

Faire passer la radio communautaire des idées aux ondes 
À la suite de l’atelier de Torit, des auditrices et auditeurs, des sages-femmes et des journalistes ont travaillé ensemble à la production d’émissions de radio. Au moins 15 épisodes sur la santé et les droits sexuels et reproductifs sont prévus en arabe de Juba et en otuho. Les émissions aborderont notamment la santé des adolescent·e·s, la planification familiale et l’espacement des naissances, en donnant aux communautés un rôle actif dans le choix des sujets et de la manière dont ils sont abordés. 

Renforcer les compétences en matière d’urgences en santé maternelle et néonatale 
L’Association des gynécologues et obstétriciens du Soudan du Sud (Association of Gynecologists and Obstetricians of South Sudan) a reçu, dans le cadre du projet TRUST, des simulateurs destinés à la formation en santé maternelle et néonatale. Cet équipement permettra aux obstétricien·ne·s, sages-femmes, infirmières et infirmiers ainsi qu’à d’autres clinicien·ne·s de pratiquer de manière répétée la prise en charge des urgences dans un environnement contrôlé, afin de renforcer leurs compétences et leur confiance avant de fournir des soins aux patientes. 

Renforcer le plaidoyer au Malawi 
Au Malawi, le partenaire du projet AMAMI a organisé un atelier de plaidoyer à Mwanza afin de mettre en lumière les priorités liées à la pratique sage-femme et à la santé des femmes. L’activité a également fait l’objet d’une couverture télévisée par Kodiak Broadcasting Station, permettant d’élargir la portée de la discussion au-delà de l’atelier et auprès de la communauté. 

En mémoire de

Au cours des derniers mois, nous avons perdu deux grandes figures du domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs (SDSR). 

Victoria Abua Bessarione Jaja 

Nous pleurons la disparition de Victoria Abua Bessarione Jaja, décédée le 1er septembre 2026. Infirmière de formation, Victoria a joué un rôle important dans le renforcement de la formation et de la réglementation des professions d’infirmière et de sage-femme au Soudan du Sud. En tant que directrice adjointe de longue date de la formation et du perfectionnement professionnel des infirmières, infirmiers et sages-femmes au Ministère de la Santé, elle a contribué à renforcer les systèmes qui soutiennent des générations de professionnelles et professionnels de la santé à travers le pays. Victoria a également joué un rôle déterminant dans le développement de la South Sudan Nurses and Midwives Association (SSNAMA), où elle a siégé pendant de nombreuses années au conseil d’administration. Discrète et digne, Victoria était connue pour sa gentillesse, sa résilience et son engagement indéfectible envers les infirmières, les infirmiers, les sages-femmes et les communautés qu’ils et elles desservent. 

Sa contribution aux professions infirmière et sage-femme au Soudan du Sud restera dans les mémoires et nous continuerons à nous souvenir d’elle avec un profond respect et une grande reconnaissance. 

Dr. Ferdinand Nsengimana 

Nous pleurons également la disparition du Dr Ferdinand Nsengimana, décédé en avril 2026. 

Originaire du Burundi, Ferdinand a consacré une grande partie de sa vie professionnelle aux soins infirmiers, à la formation en pratique sage-femme et à la santé reproductive. Fort de plus de 20 ans d’expérience en soins aux patients, en gestion des services de santé et en enseignement, il a mis son savoir et son engagement au service d’établissements en Namibie et au Soudan du Sud, notamment le Kajo-Keji Health Sciences Institute et le Juba College of Nursing and Midwifery. 

Celles et ceux qui ont connu Ferdinand se souviennent d’un homme profondément compatissant, bienveillant et humble — toujours désireux d’apprendre et tout aussi passionné par le partage de ses connaissances. Pour de nombreux étudiants et étudiantes, il était bien plus qu’un enseignant : il était un mentor dont les encouragements ont contribué à façonner leur parcours professionnel et leur vie. 

Son engagement envers le Soudan du Sud transcendait les frontières. Sa sagesse, sa générosité et son dévouement envers les nouvelles générations de professionnelles et professionnels de la santé nous manqueront profondément. 

Reposez en puissance, Victoria et Dr Ferdinand.