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Violence familiale / Quelque chose ne va pas

QUELQUE CHOSE NE VA PAS
Un roman graphique sur la grossesse et la violence par partenaire intime

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Je m’appelle Shayla. Je suis une sage-femme. Lorsqu’une personne devient enceinte et qu’elle choisit de mettre un être au monde, elle doit être assez forte et résiliente pour elle-même et pour son enfant. Mon travail, c’est de soutenir ces personnes et de les aider à bâtir cette force et cette résilience. La grossesse amplifie la vie. Face à cette nouvelle réalité, toutes nos émotions augmentent en intensité. L’amour peut croître. La violence aussi. Mais la violence n’est pas toujours perçue par la famille et les amis ou sur les médias sociaux… 

Reconnaître la violence, ça fait partie de mon travail. Je suis devenue plutôt bonne pour la repérer. Je suis sage-femme depuis longtemps et j’ai vu des choses qu’aucune personne enceinte ne devrait subir. Mais c’est malheureusement la réalité de toutes sortes de femmes et de personnes de diverses identités de genre. Peu importe leurs origines, leur milieu, leur âge, leur profession, leur identité… 

Alice est une étudiante de deuxième cycle. 

Elle semble pressée de partir avant même que son rendez-vous ne commence. 

Je vérifie sa tension artérielle et mesure son ventre. Elle continue désespérément d’appeler son partenaire, mais il ne répond pas… 

Lorsqu’elle l’atteint, sa voix change. Elle est nerveuse. 

Pendant le déjeuner, notre élève sage-femme, Charlotte, vient me demander conseil… 

Charlotte me dit qu’elle est inquiète pour Diane, mon ancienne cliente. 

Quand je salue Diane, je vois tout de suite qu’elle est tendue. 

Quand je lui demande de monter sur le lit d’examen, je sais que l’instinct de Charlotte était bon. Quelque chose ne va pas… 

Alors qu’elle monte sur le lit d’examen, on peut voir une énorme ecchymose sur sa cuisse. 

Diane voit nos regards et panique. 

Finalement, elle ne peut plus le cacher et commence à s’effondrer. 

Quelques mois plus tard, les choses ne vont pas mieux pour Charlotte…

Son attitude est un peu condescendante, mais elle a l’air si ébranlée.  

Parfois, tout ce que vous pouvez faire, c’est être présente. On ne peut forcer quiconque à aller chercher de l’aide. La personne doit le réaliser par elle-même. 

Je continue à faire mon travail et à fournir les meilleurs soins. Et à être témoin de l’amour généré par l’arrivée de la vie. 

Après mon quart de travail, j’ai quelque chose d’important à faire. Ça nous a pris un peu d’effort, mais nous avons trouvé une bonne maison d’hébergement pour Diane.  

J’ai peine à la reconnaître quand je la vois. Elle a un poids normal. Elle n’est plus abattue. Elle rayonne.  

Je suis contente de la voir. On parle pendant un bon moment. Elle me raconte sa vie, son enfance, l’histoire de sa mère qui n’arrivait pas à se sortir de relations violentes, son désir de briser ce cycle pour le bien de son bébé. Elle est pleine d’espoir maintenant. Ça fait tellement du bien à voir. Le chemin de Diane sera parsemé d’embûches, mais ce sera plus facile maintenant. 

Je rentre chez moi tard. C’était une journée chargée, mais satisfaisante.

Après que je me couche dans le lit, mon téléphone sonne… 

Fin.

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